
La liberté de la presse subit un nouveau coup dur au Burkina Faso. La junte militaire au pouvoir a annoncé, mardi, la dissolution de l’Association des Journalistes du Burkina (AJB), un signal fort de la volonté des autorités de museler les médias et de réprimer les voix critiques.
Un prétexte administratif pour une décision politique
Le gouvernement justifie cette dissolution par des motifs administratifs. Selon le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, l’AJB ne respecterait pas la loi de 2015 sur les associations, la rendant ainsi « inexistante » sur le plan juridique.
Cette annonce intervient au lendemain de l’arrestation du président de l’AJB, Guézouma Sanogo, et de son vice-président, Boukari Ouoba, après qu’ils ont dénoncé la multiplication des atteintes à la liberté de la presse. Leur disparition, ainsi que celle d’un troisième journaliste, Luc Pagbelguem, soulève de vives inquiétudes sur la sécurité des professionnels de l’information au Burkina Faso.
La répression des journalistes s’intensifie
Les disparitions forcées de journalistes se multiplient dans le pays. L’AJB signale qu’au moins sept journalistes ont été enlevés en 2024, certains étant toujours portés disparus. Les organisations de défense de la liberté de la presse, comme Reporters Sans Frontières (RSF), dénoncent une volonté manifeste de réduire au silence toute voix discordante.
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RSF a qualifié cette dissolution d’« arbitraire et motivée par des raisons politiques », accusant les autorités de chercher à éteindre toute forme de contestation dans le pays.
Un climat de plus en plus répressif
Depuis le coup d’État du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, la liberté d’expression est de plus en plus menacée. Des opposants politiques, activistes et journalistes sont arrêtés ou disparaissent dans des circonstances troubles. La semaine dernière, le mouvement politique Sens a signalé l’enlèvement de cinq de ses membres, dont un journaliste, après avoir dénoncé des exactions présumées de l’armée burkinabè.
Une liberté de la presse en péril
La dissolution de l’AJB et la vague d’arrestations témoignent d’un durcissement du régime militaire et d’un contrôle accru des médias indépendants. Alors que le Burkina Faso faisait autrefois figure d’exemple en matière de liberté de la presse en Afrique de l’Ouest, la situation se détériore rapidement sous l’emprise de la junte.