
Le Mali continue d’affirmer sa souveraineté tout en faisant appel à des partenariats étrangers stratégiques. Le président de la transition, Assimi Goïta, a choisi une société française pour la fabrication des passeports de l’Alliance des États du Sahel (AES), une décision qui suscite de nombreuses interrogations.
Qui produit les passeports de l’AES ?
Alors que les pays membres de l’AES montrent une rupture diplomatique avec l’Etat français, les relations d’affaires semblent, pour l’instant, préservées. D’après Jeune Afrique, la fabrication des passeports de l’Alliance des Etats Sahel a été confiée à une entreprise française, une révélation surprenante au vu des tensions récentes entre certains États membres et les sociétés françaises.
Cependant, les autorités maliennes n’ont pas infirmé ni confirmé les informations.
Un choix surprenant mais stratégique ?
Alors que le Mali a multiplié les ruptures diplomatiques avec la France, notamment par le retrait des troupes françaises et la fin de coopérations militaires, la désignation d’une entreprise française pour produire les passeports AES semble paradoxale. Pourtant, selon des sources proches du dossier, ce choix répond à des critères techniques et de sécurité.
La question de la souveraineté en jeu
La décision d’Assimi Goïta s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de l’AES, une alliance regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. La fabrication des passeports de cette union marque une nouvelle étape dans la construction d’une identité commune. Toutefois, confier cette mission à une société française pose la question de l’indépendance technologique et de la sécurité des données sensibles.
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Un pragmatisme économique ?
Malgré la volonté de décrocher de l’influence occidentale, Bamako semble opter pour une approche pragmatique. L’expertise française en matière de documents sécurisés pourrait expliquer cette décision, d’autant plus que la production de ces passeports nécessite des technologies de pointe difficilement disponibles au niveau local.
Vers une consolidation de l’AES
L’officialisation de ce projet montre une avancée concrète de l’Alliance des États du Sahel. Ce passeport commun pourrait faciliter la libre circulation entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, renforçant ainsi l’intégration régionale face aux sanctions et à l’isolement diplomatique.